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Arno

  • Au Soudan, les humanitaires débordés

    Selon le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), environ 32 000 Sud-Soudanais ont trouvé refuge au Soudan depuis le début de l'année et des dizaines de milliers d'autres devraient les imiter dans les mois à venir. «On n'a pas assez de médicaments et pas assez de main d'oeuvre»: les travailleurs humanitaires soudanais craignent d'être vite débordés par l'afflux des réfugiés du Sud-Soudan qui arrivent chaque jour par centaines de l'autre côté de la frontière. Dans un centre de transit soudanais, tout près de la frontière, le docteur Viola James explique qu'il n'y a que cinq travailleurs humanitaires pour l'aider à s'occuper des quelque 5000 réfugiés présents, qui ont fui la guerre civile et la famine sévissant dans leur pays. «Et en plus de ça, on doit gérer les villages environnants», dit-elle en examinant un jeune garçon souffrant de malnutrition. «Beaucoup souffrent aussi de paludisme», ajoute-t-elle. Né en 2011 après sa séparation d'avec le Soudan, le Soudan du Sud a sombré fin 2013 dans une guerre civile meurtrière. L'état de famine vient d'être déclaré dans une région du nord du pays, près de la frontière soudanaise, et plus de 100 000 Sud-Soudanais sont déjà touchés par ce fléau, qui menace également un million de personnes. Selon le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), environ 32 000 Sud-Soudanais ont trouvé refuge au Soudan depuis le début de l'année et des dizaines de milliers d'autres devraient les imiter dans les mois à venir. Le Soudan, qui compte déjà 330 000 réfugiés sud-soudanais, a mis en place des centres de transit à la frontière et des camps de réfugiés à travers tout le pays. Dans le centre où travaille le docteur James, un correspondant de l'AFP a vu essentiellement des femmes et des enfants, accueillis sous des tentes en toit d'herbe. Des dizaines d'entre eux se pressent près des réservoirs d'eau en plastique. Des salles de bain et de toilettes de fortune complètent les maigres équipements des lieux. Les travailleurs humanitaires expliquent que le principal défi est de pouvoir fournir immédiatement de la nourriture et des médicaments à des gens qui arrivent épuisés après avoir effectué un long et dangereux périple. «Vous pouvez lire sur leur visage qu'ils sont dans un état misérable», explique Adam Saïd du Croissant-Rouge soudanais, qui enregistre les réfugiés venant de traverser la frontière. «Ils n'ont pas mangé depuis des jours». Tous les enfants de moins de quinze ans, sans exception, reçoivent de la nourriture dès qu'ils franchissent la frontière, dit M. Saïd. «On les examine rapidement, on leur donne à manger et on s'assure qu'ils sont vaccinés contre le choléra», explique-t-il encore. Derrière lui, plusieurs réfugiés transportant des sacs sur leur tête ou sur des charrettes tirées par des ânes traversent un point de passage à la frontière. Une fois passés côté soudanais, ils sont répertoriés et passent une visite médicale. «Au début, nous avions peur et pensions que nous n'y arriverions pas, mais finalement on est ici», confie Vivian Fiter, qui vient de Malakal (nord-est) avec sa soeur et leurs enfants, dont un bébé de quatre mois. Mme Fiter s'est lancée dans ce voyage pour rejoindre des membres de sa famille qui, dit-elle, vivent dans un camp géré par l'ONU au Soudan. «Ceux qui ne vivent pas dans des camps souffrent vraiment. Ils n'ont pas de nourriture et aucune autre aide», dit-elle. Des travailleurs humanitaires à la frontière emmènent vite les enfants afin d'examiner leur état de santé et les vacciner. «Mais le problème est que nous n'avons pas assez de matériel et de fonds», déplore Emad Abdelrahmane, chef du bureau régional du HCR. Le HCR et ses partenaires ont lancé un appel pour récolter 166,65 millions de dollars (environ 157,5 M euros) pour répondre aux besoins des réfugiés sud-soudanais au Soudan cette année, mais n'ont obtenu jusqu'à présent que 5 % de cette somme. «Nous devons élaborer un nouveau plan. Le nombre de réfugiés augmente», s'inquiète M. Abdelrahmane. Pour nombre de Sud-Soudanais, aller au Soudan, c'est juste retourner là où ils vivaient il y a quelques années. Parti de la capitale sud-soudanaise Juba, Mour Mokor est arrivé au Soudan sur un fauteuil roulant. «On m'a tiré dans une jambe une nuit à Juba. Tout n'est que souffrance là-bas», lâche-t-il. La seule chose qu'il veut: arriver à Khartoum.

  • Bayrou... encore...

    Après avoir largement animé les débats de la primaire de la droite, le président du MoDem s’invite dans la campagne de François Fillon. Et pourrait se présenter pour la quatrième fois à la présidentielle. C’est le propre des rumeurs. On peut les démentir, allumer des contre-feux, s’ingénier à démontrer l’absurdité de ces prétendues informations. S’insinue malgré tout l’idée qu’il y a probablement un peu de vrai. Sinon davantage. François Bayrou, qui n’ignore rien des manoeuvres qui gouvernent parfois la politique, vient d’en faire les frais. À l’origine, un articulet ...

  • Au tribunal pour avoir refusé de marier deux femmes

    À Vaucluse, la maire de Bollène a comparu ce jeudi 5 janvier devant le tribunal correctionnel de Carpentras pour avoir refusé de marier un couple d’homosexuelles en 2013. Une première en France pour un maire. Depuis le jeudi 5 janvier, Marie-Claude Bompard, maire de la Bollène, est jugée pour avoir refusé de célébrer un mariage de deux femmes en août 2013. Elle avait évoqué ce choix quelques mois après la promulgation de la loi Taubira, permettant le mariage aux personnes de même sexe. Pour cette membre de la Ligue du Sud, il s’agissait d’un “problème de conscience”, et non “d’homophobie” ou “de discrimination”. “Un mariage c’est l’union d’un homme et d’une femme de façon à créer un état civil qui lui-même crée une filiation. C’est le problème qui s’est posé à moi”, a expliqué Marie-Claude Bompard. “Marier des personnes de même sexe me pose un problème, du point de vue de la filiation et de la création d'un droit à l'enfant”, a-t-elle expliqué au Figaro. Toutefois, même si elle s’est opposée à ce mariage, la maire de Bollène a proposé au couple les services de son adjointe. Les deux femmes ont donc été unies par les liens du mariage le 10 septembre 2013. Les mariées se sont senties “blessées, abasourdies” et ont décidé de porter plainte contre l’élu. Sans cependant obtenir gain de cause. C’est l'association Mousse qui a donc volé à leur secours et s'est emparé du dossier pour faire citer la maire de Bollène le 5 août dernier. Pour Me Étienne Deshoulières, avocat de l’association Mousse, après avoir refusé la demande des jeunes femmes, Mme Bompard aurait publié un communiqué de presse expliquant son choix. “ Tous les citoyens français sont concernés et il est important dans une République laïque et égalitaire comme la France que toutes les personnes, quelles que soient leur orientation sexuelle, leur religion ou leur couleur de peau, aient une confiance absolue dans le fait qu’elles ne seront pas discriminées par un officier de l’état civil français”, a plaidé Me Étienne Deshoulières. De son côté, le conseil de Mme Bompard, Me Guillaume Blanc, a soulevé l'irrecevabilité de la constitution de la partie civile, l'association Mousse, créée en 2000 par “des justiciers LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans, Ndlr) ayant changé de statut en 2015, soit deux ans après les faits reprochés à sa cliente”.